Economie

Afrique et Moyen-Orient : le kényan Safaricom est devenu la 3e société la plus valorisée en bourse

Le secteur des télécommunications est considéré par les investisseurs comme une machine à sous. Lorsqu’on a comme Safaricom des chances d’avoir une nouvelle licence d’exploitation, cela attire. Pourtant des risques de bulle financière existent dans le cas présent.

Le kényan Safaricom, première capitalisation boursière du Nairobi Securities Exchange (NSE), attire de nombreux investisseurs étrangers, depuis que le groupe a pris la tête d'un consortium actuellement en compétition pour obtenir une licence de télécommunications en Ethiopie. 48 millions de ses titres ont été échangés la semaine du 30 avril 2021, avec une participation de 65,3% des investisseurs étrangers aux transactions.

Sa capitalisation boursière a atteint près de 1600 milliards de shillings (5,6 milliards $). C'est son niveau le plus élevé depuis que la société a été introduite sur le marché financier kényan le 9 juin 2008. Cette situation fait aussi d’elle la troisième entreprise du secteur des télécommunications en termes de valorisation boursière dans la zone Afrique et Moyen-Orient (MENA). Elle devance ainsi Vodacom, MTN Group et même Airtel Africa qui ont une présence géographique beaucoup plus large en Afrique.

Depuis le début de l'année 2021, la valeur de l’action Safaricom a progressé de 81% pris en shillings kényans, et affiche ainsi la meilleure performance des sociétés cotées au Kenya. L’obtention de la licence en Ethiopie en ferait une machine à générer plus de revenus, dans un pays qui compte près de 90 millions d’habitants. Pour le moment, la société présente le meilleur profil boursier du NSE, avec un rendement des actifs de 46,7%.

Mais des risques de bulle existent. L’entreprise est en compétition en Ethiopie avec MTN, l’un des leaders du secteur en Afrique. Si la licence ne passait pas pour Safaricom, sa valeur risque de dégringoler, car en termes de chiffre d’affaires, l’entreprise n’a généré que 2,35 milliards $ sur les 12 mois s’achevant en septembre 2020, selon des données de Capital IQ, la branche données de S&P Global Ratings. Elle se classe à la 18e place de la zone MENA, avec une valeur de marché qui représente 23 ans de bénéfices pris en dollars US.

Idriss Linge

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