Les compagnies pétrolières africaines renforcent leur coopération en R&D pour s’adapter à la transition énergétique et mutualiser leurs capacités technologiques et industrielles.
La société publique du pétrole du Nigeria (NNPC) a signé un mémorandum d’entente avec Sonatrach, compagnie nationale pétrolière de l’Algérie, afin de structurer une coopération renforcée dans les domaines de la recherche, du développement et de l’innovation dans le secteur pétrolier et gazier.
L’accord a été conclu à Abuja le jeudi 23 avril, à l’occasion de la troisième réunion du forum des directeurs de la recherche et développement de l’organisation des pays producteurs africains de pétrole (APPO), qui réunit les principaux producteurs africains autour des enjeux technologiques et industriels du secteur.
Ce partenariat signé par Sophia Mbakwe pour la NNPC et Khodjah Mohamed pour Sonatrach, établit un cadre formel destiné à faciliter les échanges technologiques, le développement conjoint de projets et la coopération scientifique entre les deux compagnies nationales.
Au-delà de l’accord bilatéral, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration de la recherche pétrolière à l’échelle africaine. Les discussions du forum de l’APPO ont réuni des responsables R&D issus des pays membres afin d’examiner les défis communs liés à la transition énergétique, à la compétitivité industrielle et à la modernisation des systèmes de production.
Les échanges ont notamment mis en avant la nécessité de faire évoluer les centres de recherche africains vers des structures capables de générer des solutions concrètes et directement applicables aux réalités du continent.
Les autorités présentes ont souligné que la transformation du secteur repose sur trois axes complémentaires : le financement des projets énergétiques, le développement technologique et l’intégration des marchés régionaux. Dans ce cadre, des initiatives structurantes sont en discussion au sein de l’APPO, notamment la création d’une banque africaine de l’énergie destinée à améliorer l’accès aux financements, ainsi que le développement de réseaux d’infrastructures transfrontalières pour faciliter la circulation des hydrocarbures. L’enjeu est également de renforcer la coopération entre pays producteurs pour mutualiser les données, partager les risques et optimiser les investissements.
La portée de cet accord dépendra désormais de sa mise en œuvre concrète, notamment de la capacité des deux compagnies à transformer ce cadre institutionnel en projets opérationnels et en innovations déployées à l’échelle industrielle. Il s’agit également d’un test pour la coopération énergétique africaine qui cherche à passer d’une logique de déclarations de principes à une dynamique structurée de production technologique et d’intégration régionale.
Olivier de Souza