Condiment utilisé dans de nombreux plats en Afrique de l’Ouest, l’oignon est un des produits horticoles les plus cultivés dans la sous-région. Il occupe une place de choix dans le commerce intra-régional, porté par d’importants flux transfrontaliers informels.
Début avril, l’Association nigériane des producteurs, transformateurs et distributeurs d’oignons (NOPPM) avait décidé de suspendre les expéditions vers le Ghana, sur fond de tensions commerciales. Si le différend a été entre-temps réglé, cet épisode a mis en évidence la fragilité du commerce en Afrique de l’Ouest, dominé par des circuits informels.
Dans un rapport publié en 2025, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) met en évidence le rôle central de l’oignon dans l’intégration des marchés alimentaires régionaux, et éclaire la complexité du commerce intra-régional du bulbe.
Intitulé « Le commerce alimentaire intrarégional en Afrique de l’Ouest », ce document souligne par exemple que l’oignon se classe au 8ᵉ rang des produits alimentaires les plus échangés dans la sous-région ouest-africaine, après l’huile de palme, les bovins vivants, le poisson congelé, les cubes de bouillon, le maïs, le riz et le café instantané.
L’oignon se positionne en outre comme le principal produit horticole échangé dans le commerce intra-régional ouest-africain. Malgré son importance, le commerce de du bulbe reste difficile à quantifier avec précision en raison des limites des systèmes statistiques dans la région, où une grande partie des échanges échappe aux circuits formels de collecte de données. D’après le CSAO, environ 69 % du flux des échanges d’oignons au niveau intrarégional en Afrique de l’Ouest est réalisé dans l’informel.
Un marché structuré autour du Niger
Selon le rapport, le Niger s’impose comme le principal fournisseur d’oignons en Afrique de l’Ouest, concentrant environ 68 % des exportations régionales. Ce quasi-monopole s’explique par le fait que le Niger est non seulement le premier producteur ouestafricain du bulbe, avec une récolte annuelle évaluée à près de 2 millions de tonnes d’après la FAO, mais qu’il est autosuffisant dans cette denrée depuis plusieurs années.
Parmi les autres acteurs majeurs qui alimentent les exportations intrarégionales d’oignons en Afrique de l’Ouest figurent notamment le Bénin, le Burkina Faso et le Nigeria.